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Sans honte ni complexes, ma santé au premier plan

dimanche 16 février 2014


Aujourd'hui j'ai décidé de vous parler un peu de mes soucis de santé, et tout ce que j'ai pu subir dans le milieu médical. Mais je ne vais en faire qu'un résumé, car tout écrire dans le détail mériterait que je consacre à mon histoire un livre complet, chose que je ferais peut-être un jour...

Mes soucis de santé n'ont absolument rien à voir avec mon problème de poids. Oui, je le précise, car on m'a bien trop souvent pas prise au sérieux dès le premier regard que l'on portait sur moi. Je n'ai absolument pas honte de qui je suis, tout ce vécu m'a permis de développer des principes moraux auxquels je tiens énormément, mais en vous expliquant un peu ce vécu, vous comprendrez peut-être mieux pourquoi je tiens à m'investir pour défendre et aider au mieux les personnes rondes.

J'ai toujours eu tendance à prendre facilement du poids, sans trop comprendre pourquoi d'ailleurs. Mais quand j'étais enfant, même si les médecins regardaient d'un mauvais œil ma courbe de poids, je n'étais pas encore qualifiée comme "obèse". A l'âge de 10 ans m'est arrivé mon premier gros souci de santé: ma rotule droite s'est déboitée vers l'extérieur de mon genou. Le médecin m'a fait faire des radios, mais tout était normal, on ne voyait rien, donc on ne m'a pas prise au sérieux. Sauf que ce phénomène a commencé à se répéter de plus en plus souvent. Le médecin de famille que nous avions à l'époque n'arrêtait pas de dire à ma mère "mais c'est rien madame, c'est la croissance".

En parallèle à cette même période, je me suis cassée le coccyx (croyez moi c'est extrêmement douloureux lol). Mais dans mon malheur j'avais de la chance, il était cassé mais pas déplacé. J'étais en 6ème à l'époque, et j'ai été en arrête maladie pendant une semaine, le temps que le principal de la douleur se dissipe, car bien sûr ce n'est pas en une semaine qu'il s'est ressoudé. Lorsque que je suis retournée en classe la semaine suivante, un idiot de ma classe m'a dit à la récréation "t'as menti tu t'es rien cassé t'as pas de plâtre"... Sauf que bien sûr, on ne met pas de plâtre à cet endroit... Et après cette phrase dénuée de bon sens, son geste m'a été, on peut dire, fatale, car il m'a donné un coup de pied au cul... Résultat, comme mon coccyx n'était bien sûr pas ressoudé, il l'a déplacé à presque 90°.

Ma mère m'a emmené en urgence chez l'ostéopathe, mais il ne me l'a pas replacé tout de suite, j'ai attendu 3 ans avant d'accepter qu'il le fasse (sans rentrer dans les détails il s'agissait d'une pratique douloureuse et très embarrassante que j'ai finalement accepté à contre cœur car je n'en pouvais plus de souffrir). Mais si je vous raconte ça ce n'est pas pour rien, car c'est à cette époque que nous avons découvert qu'en plus de mes soucis de genoux, je souffrais d'hyper laxité ligamentaire, et que le fait d'avoir eu le coccyx déplacé m'a lentement déplacé mes vertèbres sur toute la colonne, et a aggravé mon hyper laxité en étirant au maximum mes ligaments qui n'étaient déjà pas bien solides...

Les conséquences pour moi aujourd'hui sont qu'en faisant des gestes banals de tous les jours, j'arrive à me déplacer des trucs dans le dos, alors je coince, je grince, en bref je me compare à un meuble en kit mal monté, le moindre petit coup, le moindre petit déséquilibre, et pof ça se déboite, ça se reboite, ça clic et ça clac, je suis un vrai jeu à musique, ce n'est pas pour rien que j'aime le steampunk, je suis une mécanique enrayée à moi toute seule...

Et oui j'en ris, car de toute façon on ne pourra jamais rien y faire, alors mieux vaut s'y habituer, mais parfois je n'ai pas envie de rire, car j'ai juste mal, je n'arrive plus à respirer normalement, j'ai des maux de tête incessants... bref quand la machine s'enraye, ça coince parfois un peu trop...

A l'âge de 15 ans ma rotule s'est déboitée pendant que je prenais ma douche, j'étais bloquée dans la baignoire avec la rotule complètement à l'extérieur de mon genou. Ma mère en ayant marre du baratin du médecin, m'a emmené à l'hôpital. Là on lui a dit que ce n'était pas normal du tout. J'ai été opérée à l'âge de 16 ans, malheureusement le chirurgien de l'époque a fait une erreur, et après mon opération j'ai eu des séquelles, je ne pouvais plus faire aucun sport, alors que j'étais très sportive. Et le sport m'aidait d'ailleurs à réguler un peu mon problème de poids, j'étais en surpoids, mais je me maintenais, je n'ai de toute façon jamais été mince, mais le sport m'aidait bien à garder la forme. Dès cette opération, ça n'a été que des problèmes, et plus ça allait, plus je grossissais, sans rien pouvoir faire.

En 2007 vu qu'il y avait eu une erreur pendant mon opération, et bien le ligament a fini par avoir raison du reste, et mon opération a cédé, le tendon intérieur de mon genou droit s'est sectionné, ma rotule s'est remise à sa position de naissance, mais du coup posée sur le bout de tibia que l'on m'avait greffé, résultat aujourd'hui je n'ai plus de cartilage et c'est inopérable.

Seulement entre 2007 et aujourd'hui, il m'est arrivé beaucoup de choses qui m'ont poussé à aujourd'hui vouloir me mobiliser pour les personnes en surpoids et me battre pour qu'elles aient droit au respect comme n'importe qui.

Lorsque mon opération a cédé, j'ai tout de suite été voir des chirurgiens, dont un super spécialiste du genou, verdict: si je ne perds pas de poids on ne peut rien faire pour moi, mais cela a été beaucoup plus loin que ces simples mots, j'ai subis des insultes, sans parler des regards de dégouts, on m'a traité de déséquilibrée qui devrait se faire interner, on m'a dit que de toute façon je ne pourrais jamais perdre de poids à moins de passer par une sleeve ou un bypass, bref, j'ai vraiment été maltraitée au possible par le corps médical, à en pleurer le soir dans mon lit. D'autant que quand j'ai vu ces spécialistes, je sortais tout juste d'une clinique pour l'obésité, que je suivais un régime très strict, que j'avais déjà perdu 15 kg, et que malgré les mois de bataille je n'arrivais pas à perdre un gramme de plus.

Alors j'ai arrêté de voir ces gens, j'ai laissé mon genou souffrir et j'ai vécu ma vie en me disant que je ne verrai plus jamais un seul chirurgien avant d'avoir perdu tout le poids que j'ai à perdre. Sauf qu'ensuite j'ai appris qu'aucun régime au monde ne pourrait m'aider, je me suis rendue malade à force de privations, à force de suivre tous les régimes possibles et imaginables que l'on me conseillait, j'en ai fait de l'anémie. Et on a découvert que j'avais un déséquilibre hormonal dont on ne connait pas encore la cause.

Alors grandie de ces épreuves, j'en suis sortie la tête haute, en me promettant de ne plus jamais me laisser traiter comme je l'ai été, en prenant la décision de bannir de ma vie tous ces indésirables qui n'ont jamais été voir plus loin que le bout de leur nez. En Septembre dernier un incident est alors arrivé à mon genou, et j'ai dû aller consulter car mon genou a fini par dire stop et à se rappeler à moi. J'ai été voir, avec peur, un chirurgien conseillé par ma sœur, et là, Ô miracle, je suis tombée sur un être humain. Un homme qui m'a écoutée, qui m'a prise au sérieux, qui m'a souri et m'a dit "j'ai déjà opéré des personnes plus en surpoids que vous, ce n'est absolument pas un souci, et vous savez quand on est médecin il y a un moment où il faut commencer à croire en ses patients, sinon mieux vaut changer de métier". Et pourtant je fais aujourd'hui presque 40kg de plus que quand j'ai été voir les premiers chirurgiens en 2007...

Grâce à lui je vais bientôt pouvoir commencer à revivre un peu, je me fais opérer en mars prochain, et même s'il ne peut pas régler 100% de mes problèmes de genou, il pourra surement m'enlever une bonne partie de mes douleurs.

Et ce qui est aussi important pour moi, c'est que ce chirurgien m'a confirmé, en me regardant sous toutes les coutures, qu'il était évident que je n'avais pas de problème alimentaire, qu'une sleeve, un bypass ou un anneau ne m'aideraient pas du tout à perdre du poids, que je devais absolument aller voir un endocrinologue, d'autant que j'ai eu des résultats montrant une hypothyroïdie qui n'a jamais été traitée. Et il m'a envoyée vers le meilleur service d'endocrinologie de France, avec une lettre de recommandation, il a rempli mon dossier de demande de rendez-vous, bref grâce à lui j'ai l'impression de voir enfin la lumière au bout du tunnel.

Je tiens quand même à vous préciser que si je souhaite perdre du poids, ce n'est pas parce que j'ai honte de mon corps ou que je ne m'accepte pas, mais tout simplement parce que j'ai conscience que ce surpoids aggrave mes douleurs quotidiennes, et que j'aimerai pouvoir vivre une journée sans douleurs, je ne veux pas être mince, j'aimerai retrouver le poids de mes 20 ans, même si déjà à l'époque on me qualifiait d'obèse, mais au moins je regagnerai du tonus, de l'énergie que les douleurs m'ont fait perdre. Je ne veux pas être mince, et d'ailleurs ça ne m'irait pas, je veux juste être en meilleure santé.

Alors oui, tout ce que je viens de vous écrire est long, et pourtant croyez-moi ce n'est qu'un résumé. Mais je tenais à vous faire partager cette expérience de vie, car même si elle n'est surement pas unique, elle m'a permis de me construire et d'en ressortir plus forte, avec la niaque, et l'envie de montrer à la France, qui en a bien besoin, que:

- Etre rond(e) n'est pas synonyme de mal bouffe

- Etre rond(e) n'est pas synonyme de maladie cardio vasculaire, cholestérol, diabète et autres maladies dites "des gros"
- Etre rond(e) n'est pas synonyme d'être moche et mal dans sa peau
- Etre rond(e) n'est pas synonyme de laissé aller et de non-respect de soi



Et que:


- Etre rond(e) est synonyme de bien être dans son corps
- Etre rond(e) est synonyme de joie et de bonheur de vie
- Etre rond(e) est synonyme de savoir manger correctement et prendre soin de soi
- Etre rond(e) est synonyme de beauté



Pour finir je voudrais vous dire que je ne me définit pas par mes problèmes de santé et mon vécu un peu lourds là-dedans, mais ils ont contribué à me construire, et aujourd'hui je suis une personne qui aime se battre pour les autres et pour un idéal de vie, et que même si parfois on a l'impression de jeter un pavé dans la mare, peu m'importe, je continuerai à jeter ces pavés, car je veux avant tout être fière de ce que j'entreprends, et je refuse de me laisser écraser ou influencer par les majorités stéréotypées qui préfèrent se fondre dans la masse et intégrer les moules tout fait de la société. Je suis hors moule, et j'en suis fière, et lorsque j'ai découvert les associations, pages de modèles grande taille sur facebook, j'ai eu l'impression d'avoir enfin les yeux grands ouverts vers une infinité de possibilités, et à me dire que mes désirs de changements de la société et des regards que l'on peut porter sur moi n'est pas vain.


Merci de m'avoir lu jusqu'au bout, j'espère ne pas vous avoir trop saoulé avec mon roman, je l'ai écrit d'une traite, avec le cœur, sans aucune honte ni aucun complexe.

Bonne journée à tous.

4 commentaires :

Catherine Rousseau a dit…

Et encore... tu pourrais faire une thèse sur les médecins négligents, les médecins qui ne croient qu'en leurs présupposés, les médecins qui ne conçoivent pas que le patient connaît son corps, les médecins qui n'écoutent pas lesdits patients, bref, les médecins qui, avec ce type d'attitude, finissent parfois, du haut de leurs certitudes, à tuer des gens, et tu connais un cas de ce genre...

Anonyme a dit…

Oui comme j'ai dis c'est un résumé, et un jour j'écrirai un livre lol...

Gaelle laurencier a dit…

vive la medecine moderne et c'est un beau temoignage , triste touchant mais plein de force

Anonyme a dit…

Merci Gaelle, j'espère qu'un jour les mentalités changeront ^^

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